Pourquoi j’ai fait le choix de bouger :: Éric Côté

Pourquoi j’ai fait le choix de bouger

par Éric Côté

Plus jeune, j’étais actif. Pas un grand sportif mais j’aimais jouer dehors. Le vélo était mon moyen de transport et les jeux vidéo n’existaient pas. On grandit et un moment donné, on devient adulte. Étant un gars, je suis resté ado un peu plus longtemps. J’ai fait beaucoup d’arts martiaux à l’université. C’est l’endroit où tu es censé passé ton temps à étudier mais où tu prends pleins de temps pour autre chose.

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C’est après que ça se gâte… tu deviens vieux. Pas physiquement, du moins pas au début. Tu deviens vieux dans ta tête. Le travail, la blonde, la maison, les enfants, … Tu es maintenant responsable alors tu ne prends plus le temps de jouer dehors et de bouger. C’est sûrement différent d’une personne à l’autre mais dans mon cas, c’est ce qui s’est passé.

Puis un matin, tu te réveilles, vieux, avec 50 livres en trop et trois enfants qui vieillissent beaucoup trop vite à ton goût. Ton médecin te mentionne poliment que tu es maintenant dans la catégorie obèse sur l’IMC, qu’on pourrait probablement avoir un bon prix pour ton foie gras et qu’il y a certaines autres irrégularités dans ton sang. J’avais 44 ans et j’en ai eu assez.

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Qu’est-ce qu’on fait ? Difficile de reprendre le karaté car je travaille deux soirs semaines et les enfants ont des activités deux autres soirs. Ça me laisse un seul soir pour l’entraînement. Je n’aime pas faire les choses à moitié. Je choisis donc la solution facile : la course. Quand je dis facile, je ne parle pas de physiquement… je parle de simple à faire entrer dans un horaire.

À l’été 2012, j’ai donc commencé à courir avec un programme qui alternait la course et la marche. Je ne peux pas dire que j’aimais ça mais je l’avais mis à mon horaire alors je le suivais. Ma femme et moi avons décidé de nous inscrire au 5km du Marathon de Magog qui aurait lieu à la fin d’octobre. Ça nous laissait trois mois pour l’entraînement.

Après environ deux mois, ça ne me dérangeait plus d’aller courir. Je ne peux pas dire que j’aimais ça mais c’était rendu une habitude. La course est arrivée et Edith et moi avons réussi notre défi en un peu plus de 33 minutes. L’ambiance et l’encouragement des gens nous ont donné le goût de continuer. Je commençais à voir les bienfaits sur ma santé aussi. J’avais perdu une bonne vingtaine de livres, j’avais moins mal au dos et je pouvais monter les escaliers sans vouloir vomir mes poumons.

J’ai continué l’entraînement tout l’hiver et l’été suivant, j’ai fait trois demi-marathons. Le dernier était en septembre pour notre anniversaire de mariage et nous l’avons fait ensemble, Edith et moi. L’année 2014 fut malheureusement marquée par des blessures, tant pour moi que pour ma femme. Nous avons continué à courir quand même mais avec un volume beaucoup plus faible. Je m’étais bien dit que 2015 ne serait pas influencé par les blessures mais je me suis fait mal au tendon d’Achille en décembre 2014, en faisant du breakdance avec le plus vieux de mes gars. J’étais frustré ! Je me suis mis à lire tout ce que je pouvais sur la course et finalement, dès le début de l’année, j’ai commencé à suivre la méthode course-marche de Jeff Galloway. Edith, qui avait un problème à un pied, a décidé de me suivre. J’accumulais les kilomètres et le tendon d’Achille ne me faisait pas plus mal.

Quelque part en mars, je rencontre mon médecin pour mon rendez-vous annuel. Mes enzymes hépatiques et autres problèmes sont revenus à la normal. Pas juste à la limite de la normale mais en plein milieu de la zone. Mon poids a descendu même si je suis encore dans la zone de surpoids. Le seul problème que j’ai est un début d’hypothyroïdie sub-clinique. Elle m’encourage à continuer ce que je fais et ne veut pas me revoir avant 18 mois. Non seulement ça m’a fait plaisir mais ça m’a encouragé encore plus. Arrive le mois de mai et le premier demi-marathon de la saison. Tout s’est mal passé. Un des pires résultats de ma vie. C’est sans doute pour ça que je convaincs Edith de s’inscrire pour un marathon pour notre anniversaire de mariage. Ne cherchez pas trop à comprendre la logique dans cet argument.

J’augmente la fréquence et le volume d’entraînement. Le tendon fait toujours mal mais la course n’empire pas le problème. À un moment donné, lors d’un entraînement de 30km, j’ai un déclic. La course fait maintenant partie de ma vie. J’ai passé le stade d’aimer ça. C’est maintenant un besoin au même point que manger et dormir. Je me sens bien et la course me rend heureux. Elle me permet d’atteindre un équilibre entre le rôle de père, de mari et d’ostéopathe.

Selon ma tendre épouse, mon humeur est meilleure depuis que je cours. J’ai plus d’énergie et ça se reflète sur les enfants aussi. Nous allons plus souvent en randonnée et au retour, je suis encore fonctionnel au lieu de passer le reste de la fin de semaine à récupérer. Il faut tout de même se modérer un peu car ma fille m’a demandé, une fois, cet été, qu’on ne fasse absolument rien pendant une fin de semaine.

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Dans le dernier mois, j’ai fait mon premier marathon (le 27 septembre) et mon premier ultra-marathon (55k le 11 octobre). Est-ce que je pensais à ça il y a trois ans quand je préparais mon premier 5 km ? Pfft ! Êtes-vous malades ? Ça me prenait tout mon petit change pour réussir à courir 30 minutes en ligne. Si vous m’aviez dit qu’en 2015, je serais capable de faire ces distances, j’aurais éclaté de rire en me questionnant sur votre santé mentale. Maintenant, c’est mes amis qui se questionnent sur la mienne.

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Savez-vous quoi ? Elle se porte très bien ma santé mentale… tout comme ma santé physique d’ailleurs. J’ai perdu 50 livres et suis maintenant à mon poids santé selon l’IMC. La santé de mon couple va aussi à merveille et j’ai vu beaucoup de fierté et d’amour dans les yeux de mes enfants en finissant mon premier ultra-marathon dimanche dernier. En plus, plein de gens autour de moi se sont mis à la course. Des amis, des membres de la famille mais aussi des gens que je ne connais pas et qui se sont probablement dit que si j’étais capable de courir, ils l’étaient eux aussi.

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Tout a commencé par un choix : le choix de bouger.

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