Un mois après Timberman :: mon premier Ironman 70.3

 

Ironman 70.3 | Timberman :: mes réflexions

Ironman 70.3 = 1.9 km de nage, 90 km de vélo et 21.1 km de course. C’était plus précisément celui de Timberman, Gilford, New Hamphire. Une longue préparation fut nécessaire pour arriver à cet événement, à commencer par des mois d’entraînement.

Avant de débuter cet entraînement, je n’avais jamais réellement nagé. Je ne faisais que très peu de vélo et ma distance maximale à la course se résumait à 8 km. Le défi était de taille. C’est peu dire. Mais je savais que j’étais bien entouré, bien conseillé. J’étais confiant.

Départ du Québec vers Timberman. Un douanier très drôle (oui, ça existe) nous accueille pour les Etats-Unis avec la question classique : « Qu’est-ce que vous venez faire ? » | « Un triathlon à Gilford » « Guys, you’re crazy ! » avec le sourire. Il ajoute « Vous devriez entrer dans l’armée, au moins, eux, ils vous payent ! ». Bref, cela a bien débuté notre séjour.

Je vous épargne les détails techniques de l’arrivée là-bas (récupération de nos dossards, etc.) Dans cet article, j’ai envie de vous parler des aspects psychologiques de mon expérience. Bien sur, cela passe par la description de la course en elle-même, mais également par une tonne d’émotions qui m’ont animées tout au long de cette démarche.

ironman

Les journées qui précèdent la course sont très chaudes, tellement que la température de l’eau augmente progressivement. Les organisateurs se questionnent quant à la possibilité d’interdire les Wetsuit pour l’épreuve de natation. Premier stress pour plusieurs participants (incluant moi).

 

AU RÉVEIL

C’est sous une chaleur accablante de 30C° que s’amorçaient la journée. Mais malgré tout, ayant suivi de façon assidue les conseils de mon coach et de ma nutritionniste, le matin de grand jour je me sentais bien et plein d’énergie. Aucun sentiment de stress ne m’habitait. Nous avons débuté par placer notre dernier matériel dans la zone de transition – notamment une bouteille de Gatorade à boire lors de la transition nage/vélo, car j’ai toujours très soif lorsque je sors de l’eau. Enfin, tout y était.

ironman

Par la suite, nous voilà rassurés parce que finalement, le wetsuit sera permis pour l’épreuve de nage (merci à la pluie/grêle de la veille). J’enfile mon wetsuit à moitié… j’attends sur la plage. Calme. Il est maintenant temps de mettre le wetsuit au complet et de faire quelques échauffements dans l’eau. Je prends un premier gel. L’attente est longue puisque je pars en 15e vague. Je suis toujours calme. Même lorsque nous sommes rendus à la 14e…je suis sous l’arche, concentré et débordant de vivacité. Je suis prêt, je le sais et je le sens.

 

« DÉPART »

 

NATATION

nage

Tout va bien malgré les autres nageurs autour de moi. Je gère bien. Je fais ma petite affaire. Petit stress quand je vois les nageurs plus rapides des vagues suivantes me dépasser. Je me calme, car c’est logique que les plus rapides me rattrapent…À mi-parcours, petite crampe dans l’ischio-jambier gauche… Hum… heureusement, ça passe vite. Cependant, je fais un peu de zigzag lorsque je rattrape d’autres nageurs, car je dévie ma trajectoire légèrement. Il reste environ 500 mètres… crampe dans le mollet gauche… ouf ! Ça remonte à quelques années la dernière crampe dans le mollet… je tente de m’étirer tout en nageant… ça passe assez rapidement. Mais une inquiétude fait surface.

Je sors de l’eau… ça se passe bien. Légèrement étourdi, je marche un peu… ensuite course jusqu’au vélo. Je bois mon gatorade progressivement. Je me prépare et je pars. L’énergie est superbe. 45 min la natation… un peu plus lent que je l’aurais souhaité, mais bien satisfait.

 

VÉLO

bike

La stratégie alimentaire était : heure 1: gatorade+gel | heure 2: gatorade+barre | heure 3:gatorade+gel. Les crampes aux quadriceps font leur apparition assez rapidement. Mais uniquement quand je tente de faire une relance après un virage ou lorsque je me lève sur mon vélo au cours de certaines ascensions. Donc, je reste assis sur mon vélo. Je tente de compenser en m’hydratant davantage. Je prends 4 Gatorade endurance, 2 barres et 4 gels (plus que la stratégie initiale). Mais la chaleur est vraiment intense et les crampes musculaires toujours présentes. Je me verse également de l’eau sur la tête pour faire diminuer ma température corporelle. Les crampes persistent, mais je suis bien sur mon vélo et j’apprécie vraiment le parcours. Après seulement 15 km, j’aperçois le 1er pro qui fait son retour, il lui reste juste 15 km de vélo plus la course. Ils sont plus rapides et partaient quand même 55 minutes avant moi. Impressionnant quand même, mais surtout très inspirant.

ironman

Après 30 km, j’étais heureux et bien. L’énergie était présente, le moral était excellent. Dans ma tête il restait juste 60 km. J’étais positif à cette idée. Même sentiment à mi parcours. Je prends même le temps de faire des « thumbs up » aux supporteurs et bénévoles. J’ai l’occasion de développer une belle complicité avec un autre participant. Nous avons discuté rapidement lors du parcours, car on s’est dépassé mutuellement plusieurs fois durant la course.

Face à une bonne côte… je me fais dépasser. Cette situation me semble assez normale, car je suis plus lent dans les montées à cause de mon poids. Je reste calme et je grimpe. La descente est superbe… deux fois je frôle le 80 km/hr… je repose mes jambes, bonne position aérodynamique, je dépasse plein de gens.

Mais la dernière côte à grimper me fait souffrir… ma jambe gauche crampe au complet. Ischio et quadriceps… plus capable de la plier… je ralentis progressivement, je suis dans une côte ! Après quelques jurons, je respire (comme si j’allais accoucher)… ça décoince … alors je me sers de ma jambe droite pour grimper… je me sens mieux, j’active maintenant les deux jambes. Tout est ok. Dernière descente vers la zone de transition…

La première moitié du parcours est sensé être plus rapide, j’ai eu que 6 minutes de différence entre les deux, malgré les crampes et la chaleur. 1minute 30 secondes plus lent que mon objectif avec les conditions météo. Très content et j’ai adoré le parcours de vélo.

 

COURSE

run

Je débarque du vélo, ça se passe correctement. J’effectue une alternance marche et course dans la zone de transition… Je me change. J’ai mal aux jambes à cause des crampes, mais prêt à souffrir pour compléter, il reste seulement 21.1 km de course à faire.

La 1ere station d’aide est très près… je prends un gatorade et une orange… et je pars. Le premier bout est toujours difficile, le corps doit s’adapter à la course après tout ce vélo. La confiance reste bonne. Jusqu’au moment où, très rapidement, les crampes dans les mollets font leur apparition. Endurer les crampes dans les quadriceps en courant, aucun problème (quoique plus lent), mais dans les mollets, j’arrive difficilement à marcher. J’alterne course et marche selon les crampes. Je tente de compenser, encore une fois, dans chaque station d’aide je procède ainsi: Glace sur ma tête + éponge pour diminuer la température de mon corps, ensuite boire : eau+gatorade + une 2e fois eau+gatorade. Je doublais dans chaque station. Parfois, j’ajoutais des pretzels, morceaux d’orange et les gels.

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Le premier tour fut atroce… ma tête était affectée, car je voyais mon objectif de temps s’envoler progressivement. Difficile de se concentrer. Une 2e boucle à faire, comment je vais y arriver ? J’avais de plus en plus de crampes, mais l’énergie était très bonne. Un participant m’a donné un capsule de sel pour tenter de m’aider lors de cette 2e boucle, cela a aidé uniquement pour les quadriceps. La chaleur était de plus en plus intense, alors je passe en dessous de tous les arrosoirs que les résidents ont installés lors du parcours.

Je fais les derniers 3 kms avec un homme que j’ai croisé tout le long du parcours. Lui épuisé, moi avec des crampes aux mollets qui persistent. On se motive et on se donne de petits objectifs… « Ok, jusqu’au poteau de téléphone ». Parfois, mes crampes bloquaient mes jambes, j’avais de la difficulté à marcher. J’ai toujours été en mouvement. Je ne voulais pas prendre de pauses, car j’avais le sentiment que je ne pourrais plus repartir.

 

ARRIVÉ

Derniers mètres et c’est fini… Médaille au cou, casquette de « finisher », photo officielle. Bang. C’est fait. Heureux de l’avoir complété, mais déçu de la performance. Dur pour le moral, car j’étais prêt, mon énergie était là, mais les crampes…

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Je ne sais pas trop à quoi c’est dû. Les seules fois que j’ai eu des crampes comme cela en entraînement, c’est le premier gros entraînement vélo/course. Je m’étais mal hydraté pendant mon vélo… j’avais bien compris à partir de là, depuis cette expérience, tout était stable. Carence en minéraux, déshydraté par la chaleur de la journée de la course ainsi que par les journées de chaleur précédentes.

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Le soir même, j’avais déjà en tête d’en refaire un pour faire un meilleur temps. Content de l’avoir complété, malgré les crampes, l’abandon aurait été facile, mais ce n’était pas envisageable pour moi.

 

RÉFLEXIONS

La seule chose que je craignais dans toute cette course c’était une crevaison. Je suis une personne très exigeante envers moi-même, peut-être trop. J’en ai oublié mon objectif premier qui était de terminer mon premier Ironman 70.3, je partais de loin. L’entraînement allait tellement bien que j’ai gagné en confiance et croyait à une meilleure performance. Mon 2e objectif, celui de temps, était devenu mon 1er. Une gaffe, maintenant je le sais. Je suis resté avec le sentiment d’échec pendant plusieurs jours. Malgré toutes les félicitations des gens autour de moi.

Comme mon ami Pascal m’a dit : « Le temps est secondaire.. Tu as franchi le fil d’arrivée d’un Ironman 70.3 et ça, personne ne peut te l’enlever !! » Il a bien raison. C’est quand même tout un exploit. Sans compter que j’ai enduré des crampes musculaires pendant près de 6 heures afin de compléter cette course. Cela montre bien ma force de caractère et que j’ai un moral de béton. Cela aurait été très facile d’abandonner à plusieurs moments. C’était hors de question. J’ai fait de belles rencontres sur le parcours, je dois garder cela en mémoire, apprendre de tout cela et être encore mieux préparé pour la prochaine fois.

J’ai également grandement apprécié la camaraderie pendant la course. Les coureurs qui s’encouragent entre eux, se parlent, se motivent, etc. Vraiment un bel événement.

Quel bonheur de voir ma fille quelques jours après la course et de l’entendre me dire : « je suis fière de toi papa, je le savais que tu y arriverais ! »

roxanne

Ce fut un très gros cheminement sur moi depuis le début de ce projet. J’ai appris énormément sur moi et sur les capacités de l’être humain de se dépasser. La ligne est souvent mince entre la réussite et l’échec. Il faut rester positif, confiant, laisser le doute de côté et foncer à nouveau. C’est ce que je vais faire. Je poursuis ma réflexion pour le choix de mon prochain 70.3, sachant que Tremblant est déjà complet.

Une chose est certaine, tout cela doit se faire dans le plaisir !

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